Récits de vie

Pâques : laissez résonner les cloches mais aussi les traditions familiales !

Lorsque l’on est enfant, Pâques est avant tout un moment extraordinaire où l’on se retrouve à arpenter le jardin de papy et mamie en scrutant attentivement les moindres recoins de la pelouse à la recherche des précieux œufs en chocolat, abandonnés là par de bien mystérieuses et négligentes cloches…

Mais pour moi, Pâques, c’était avant tout un rituel : celui du repas chez pépé. En effet, devenu veuf, il avait décidé de réunir autour de lui à cette date, ses enfants et ses petits-enfants qui habitaient pour certains assez loin de chez lui, à Paris et à Nantes.

La journée du dimanche de Pâques commençait bien sûr par la messe, à laquelle nous assistions en famille. Ensuite, on piétinait consciencieusement le jardin de pépé avec – pour une fois-  la bénédiction des parents, à la recherche des fameux œufs ; avant de rejoindre le restaurant du Moulin pour une longue journée de festivités.  Dans la salle tout en longueur du restaurant, une grande table était dressée pour nous accueillir au milieu des autres clients. Le traditionnel repas de Pâques était tout simplement gargantuesque : entrée, entremets, plat de poisson, agneau pascal et flageolets, salade et fromages, le tout parachevé par la délicieuse omelette norvégienne. Le repas, gai et sonore, s’étirait tout au long de l’après-midi, souvent jusqu’à 18 heures. Au fil des heures, l’ambiance s’animait des chansons de Jean Ferrat, de Patrice et Mario et les refrains de Tino Rossi s’enchainaient, ponctuant joyeusement l’enchainement des plats. Les quelques clients du restaurant qui partageaient notre salle, tout d’abord réservés, finissaient invariablement par chanter avec nous. Au fil des ans, ils en étaient même venus à réserver leur table pour l’année suivante afin de pouvoir passer l’après-midi avec notre famille, non sans s’être au préalable assuré auprès des propriétaires de l’auberge que « les gens qui chantent » seraient bien là !

Pour les enfants, la journée était également réjouissante.  Certes, il fallait mettre – et prendre soin- de ses « habits du dimanche » mais ensuite, elle était placée sous le signe d’une relative liberté, les adultes ne nous surveillant guère. Ainsi, avec mon cousin, entre les plats, nous aimions aller jouer dehors et particulièrement tourmenter les truites des bassins d’élevage qui jouxtaient le moulin en leur jetant des cailloux. Ces bassins alignés se déversaient les uns dans les autres en formant de petites cascades que nous trouvions très attirantes. Une année, nous avions peut-être 8 ans, nous avons décidé de les franchir en sautant par-dessus.  Quand mon tour est arrivé, je me suis malheureusement réceptionné sur la mousse glissante et je n’ai pas pu éviter la chute dans le bassin, suffisamment profond pour que j’en ressorte immédiatement trempé de la tête aux pieds ! Dégoulinant, je suis retourné trouver mes parents qui m’ont copieusement réprimandé. C’est bien simple, 40 ans après, il suffit encore de prononcer le mot « truite » lors d’une réunion de famille pour que chacun se souvienne de mes exploits !

Plus tard, en rentrant chez pépé, la fête se prolongeait encore. Après avoir dégusté la soupe et le traditionnel gratin de macaroni, mon grand-père, enjoué, aimait écouter la chanson de Serge Lama « Tarzan est heureux ». Pour clôturer la journée chez pépé, il fallait encore organiser la partie de belote et enfin, boire la tisane de thym de tata… Des instants simples et chaleureux restés gravés dans nos mémoires, après avoir eu la chance de les partager pendant plus de seize ans.

Et vous, un souvenir ou une tradition familiale liés au week-end pascal ?

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